Histoire de la SAH

En 1969, MM. Chalons, Durand, Langlois et Renier se lient d'amitié et réalisent ensemble de nombreuses observations du soleil, lune, planète, étoiles doubles... M. Renier utilisait une lunette équatoriale Secretan de 110 mm (de 1910), M. Durand un télescope de 210 mm, M. Langlois un télescope de 150 mm, et M. Chalons des télescopes de 114 et 160 mm. Ils avaient fabriqué eux même les engins de 150 mm ou plus.

Le 9 mai 1970, la presse havraise s'interesse aux astronomes locaux pour l'évènement du passage de Mercure devant le Soleil. De nombreux articles paraissent dans Le Havre Libre, Havre Presse, Paris Normandie incitant d'autres amateurs à se faire connaître. L'idée de fonder un club d'astronomie havrais est jetée, et la Société Astronomique du Havre est fondée le 12 octobre 1971.

Autre fondateur, Maurice Delcros est le père de la coupole dont il a dessiné les plans et quoiqu'aient pu en dire ses détracteurs, elle tient toujours !

Malgré l'enthousiasme de l'équipe qui désire fonder un groupe local de la Société Astronomique Française, comme cela se fait dans de nombreuses régions, le président de la SAF, M. Kowalevski se montre plus que réticent. Il se méfie d'un enthousiasme qui n'est peut-être qu'un feu de paille. Les fondateurs sont donc contraints avec regret de se passer de la SAF et de créer une association indépendante. Les statuts calqués sur ceux de la SAF (avec son accord) sont déposés à la préfecture le 12 octobre 1971.

La première assemblée générale se tient le 11 février 1972 à la mairie annexe de Graville. Il est rapidement décidé de construire un observatoire équipé d'un instrument puissant et situé à l'écart de la pollution lumineuse du Havre. Les aspiration du groupe sont non seulement faire oeuvre de vulgarisateurs, comme les statuts les y obligent, mais aussi d'effectuer des travaux de recherche à la porté des amateurs : recherche de comètes, étude des étoiles doubles et variables, études des surfaces planétaires, etc.

Sans moyens financiers, les premiers membres partent à la recherche de subventions. Tous les organismes sont contactés : mairies alentours, département, conseil régional, ministères, associations, entreprises... En attendant que l'argent rentre, ils commencent malgré tout à rassembler les idées et matériaux pour construire leur ambitieux programme :

  • trouver un terrain à l'écart du Havre
  • construire un local à usage d'atelier (mécanique, menuiserie, optique, photo, réunions)
  • construire une coupole de 5 m de diamètre
  • fabriquer un télescope d'au moins 350 mm de diamètre

Les entrevues avec les maires des villes environnantes sont des échecs : incompréhension, indifférence, peu d'intérêt, jamais une aide. Mais au fil de leurs recherches, ils font la connaissance de M. Freval de Coatparquet, directeur du centre Durand-Viel de l'Association des paralysés de France qui leur propose une parcelle de terrain de 200 m² au Hameau des Trois Rois à Saint-Martin-du-Bec. Le terrain appartient à l'Association Marguerite de Croixmare dont dépend le centre Durand-Viel. Un bail est rapidement signé le 29 juin 1973 pour une période de 18 années, au prix annuel symbolique d'un quintal de blé. Toutefois une servitude de voirie réduit la surface de 200 à ... 81 m², une misère ! M. de Coatparquet et M. Rousselin, le cultivateur, acceptent alors d'agrandir la parcelle à 400 m².

Le terrain trouvé, il faut un abri. L'aide du pasteur Jean de Visme alors vice-président de la SAH s'avère précieuse : pour 200 francs, il vend une baraque en bois d'origine américaine qui servait de chapelle. Cette chapelle appartient à l'église réformée de France et est installée au Havre, 38 rue de Frileuse. Avec ses dimensions généreuses (17 m x 6,50 m) la chapelle offre toute la surface nécessaire au club. En plus ce type de structure modulaire est facilement démontable et transportable. La société havraise SFTR prête un camion et, du 3 mars au 20 avril 1973, la chapelle est soigneusement démontée et transportée à Saint-Martin-du-Bec. La baraque est trop longue pour tenir sur le terrain, elle est réduite à 10 m. Ces travaux occupent pratiquement toute l'année 1973.

Latitude : 49° 36' 25" Nord
Longitude : 0° 12' 45" Est

Les coordonnées de l'observatoire sont désormais fixées.

M. de Coetparquet, du Lion's club, alloue une subvention de 3000 francs. Cet argent sert à financer les fondations du bâtiment. L'installation sur le terrain prendra une année. Pour l'installation de l'atelier, les membres de l'association auront déplacé 5 tonnes de charpente, creusé 25 m3 de terre remplacée par la même quantité de pierres et de béton, et consacré de nombreux week-end et vacances.

En attendant la construction, la jeune association se réunit tous les mercredi de 17h45 à 19h15 à la mairie annexe de Graville, rue de Verdun. Elle compte une trentaine d'adhérents de 17 à 70 ans.

En 1974, le Ministère de l'Éducation nationale accorde une subvention de 4000 francs obtenue par l'entremise de M. Ruffenach alors membre du cabinet du ministre. L'année suivante c'est la Direction générale de la recherche scientifique et technique qui, sous l'impulsion de Michel d'Ornano, ministre de la Recherche scientifique, accorde une subvention de 30000 francs. Toutes ces subventions permettent l'acquisition d'un important outillage et d'accessoires optiques pour fabriquer le télescope, ainsi que le matériel d'un laboratoire photographique (et oui à cet époque on parlait d'émulsion d'argent et non de pixels). Cette année, la toute nouvelle SAH participe au Salon de l'espace et de l'atome organisé au Havre. L'association et ses membres apportent leur matériel, et la liste fournie aux organisateurs montre :

  • un télescope azimutal de 160 mm, fabriqué par M. Chalons
  • un téléscope équatorial de 150 mm, fabriqué par M. Langlois
  • un télescope équatorial de 210 mm, fabriqué par M. Durand
  • une lunette équatoriale de 50 mm fabriquée par son propriétaire
  • un télescope 114 mm JPM
  • une lunette équatoriale 60 mm Galaxie
  • une lunette azimutale 110 mm Secretan (de 1910)
  • un astrographe de 180 mm en cours de fabrication
  • des miroirs de 160, 210 et 410 mm en cours de fabrication, avec leurs outils
  • une maquette des futurs télescope 410 mm et sa coupole de 5 m

L'année 1975 est consacrée à l'aménagement du local : alimentation électrique, plomberie, sanitaires, labo photo...

1976, l'année de la canicule a été propice à l'échauffement cogital. De ces séances de réflexion, après l'analyse approfondie de différents types de construction, la conception de la coupole a été arrêtée. La coupole fait l'objet d'un article à part entière.

La coupole n'est pas terminée que les premières soirées d'observation se tiennent sur le site. En 1978, 35 soirées sont organisée dont une avec le comité d'entreprise de la Régie Renault pour les Journées de l'astronomie. En 1979 c'est au comité d'entreprise Ato-Chimie que sont exposées les photos prises par le club. En 1980 commence le chantier du télescope. Un Newton de 410 mm dont le miroir est taillé par les membres. Comme pour la coupole, un article est consacré au télescope. Cette année est aussi marquée par une subvention substantielle du Conseil général de Seine Maritime qui permet d'acquérir un important matériel :

  • une chambre Schmidt-Cassegrain de 200 mm, de marque Célestron
  • des oculaires et du matériel photographique (argentique)
  • des livres techniques pour la bibliothèque

Les travaux se poursuivent tant sur la coupole que sur le telescope entre 1981 et 1982. Un premier test du télescope (non aluminé) permet de mettre la touche finale sur les réglages de la monture équatoriale et son moteur de suivi. Les observations avec le matériel des membres continuent et la SAH participe à des manifestations locales, à Caucriauville, Montivilliers... Le 20 juillet 1982 tout le monde est au rendez-vous de l'éclipse partielle du Soleil.

Le miroir du T400 revient aluminé début 1984. Sa première cible visuelle est la Lune le 13 février. La première véritable observation de la SAH est le passage de la comète de Haley en 1985. Elle couronne près de 10 ans de travail acharné.

Depuis 1985, les améliorations se poursuivent que ce soit dans la coupole, sur le télescope, dans le local ou le terrain. Un ordinateur Oric "Atmos" est dédié à traiter et exploiter les mesures effectuées au Foucault-mètre. Les membres taillent leurs miroirs. Les premières photos du ciel - en argentique - montrent aux membres que l'argentique n'est pas si simple ! Le ciel havrais est malgré tout très lumineux, les temps de poses sont donc réduits. Le développement et le tirage nécessitent une bonne expérience. En 1986, des chambres photographiques sont fabriquées pour le T400 et une lunette de 110 mm. La SAH présente la comète de Haley lors d'une conférence au Muséum d'histoire naturelle du Havre. Pierre Bourge, fondateur de l'Association française d'astronomie vient rendre visite à l'observatoire de Saint-Martin-du-Bec.

Le parc informatique s'agrandit en 1987 par le don d'un Sinclair QL. En 1988 de nombreux petits chantiers sont maîtrisés : collimation du T400, réglage du chercheur, modification des chambres photographiques, renforcement de la coupole, aménagement interne et externe de l'atelier. Les membres poursuivent la taille de leurs miroirs. Toutes les installations sont prêtes pour observer les fantastiques éruptions solaires de 1989. Un local informatique est installé.

Depuis, les membres se réunissent à l'observatoire de Saint-Martin-du-Bec tous les samedis après midi. Des nouvelles réalisations voient le jour, comme l'installation d'un nouveau poste d'observation dans un abri roulant, la rénovation complète de la coupole entre 2010 et 2011, la motorisation de la coupole, l'acquisition d'une caméra CCD haute définition...

L'association participe aussi à des manifestations locales (Nuit des Étoiles, soirées Nature et Découverte, journée au parc Éana) et accueille avec plaisir les classes des écoles primaires ou des collèges voisins.

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